Route à travers les arganiers vers une coopérative
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Julien 5 min

Sur la route de l’Argan : comment éviter les pièges à touristes

L'huile d'argan est l'or liquide de notre région. Mais entre les vraies coopératives de femmes et les boutiques de revendeurs, difficile de s'y retrouver. On vous guide.

L'arganier est un arbre têtu. Il pousse dans la rocaille, tordu par le vent, indifférent à la sécheresse. Il ne pousse que dans cette région du monde, entre Essaouira, Agadir et les contreforts de l'Atlas. Nulle part ailleurs. Et c'est de ses noix, cassées une à une à la main, qu'on tire cette huile que le monde entier s'arrache.

Les chèvres dans les arbres

Vous les verrez sur la route de Marrakech, perchées dans les branches comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Et ça l'est, en partie, les chèvres raffolent des noix d'argan. Mais en bord de route, soyons honnêtes, certains bergers installent leurs bêtes dans les arbres pour les touristes. Quelques dirhams pour la photo.

Pour voir le vrai spectacle, les chèvres grimpées là-haut de leur propre initiative, dans le silence d'un matin d'hiver, prenez les routes secondaires vers l'intérieur des terres. C'est là que ça se passe.

Vraie coopérative ou vitrine pour bus touristiques ?

C'est toute la question. Le long de la route principale, des dizaines de « coopératives » se succèdent. Certaines sont authentiques. D'autres sont des boutiques de revendeurs avec des femmes qui concassent des noix pour la démonstration, et des prix qui varient selon la tête du visiteur.

Comment faire la différence ? Quelques indices :

Une vraie coopérative n'est pas forcément au bord de la nationale. Les meilleures sont souvent un peu en retrait, dans un village, sans panneau publicitaire clinquant.

On vous laisse visiter les ateliers de concassage et d'extraction librement. Personne ne vous suit avec un panier en attendant que vous achetiez.

Le prix est stable et affiché. Comptez 250 à 400 dirhams le litre pour une huile cosmétique de qualité. Si c'est beaucoup plus cher, on vous surcharge. Si c'est beaucoup moins, l'huile est probablement coupée.

Deux adresses que nous connaissons personnellement

La coopérative Marjana, sur la route de Marrakech, est connue et un peu touristique, c'est vrai. Mais la qualité est certifiée, le processus transparent, et les femmes qui y travaillent en vivent réellement.

La coopérative Toudarte, du côté d'Imsouane, est notre préférée. Plus discrète, entièrement gérée par des femmes du village, certifiée bio. On y va pour l'huile, on y reste pour le thé à la menthe et la conversation.

Trente kilos de fruits pour un seul litre

C'est le chiffre qui donne le vertige. Trente kilos de fruits, quinze heures de travail manuel, concassage, torréfaction, pressage, pour un litre d'huile. Quand on sait ça, on comprend mieux le prix. Et on comprend surtout pourquoi il est important d'acheter dans une vraie coopérative : l'argent revient directement aux femmes qui font ce travail.

L'excursion que nous recommandons

Prenez la route d'Agadir un matin, bifurquez vers Smimou, et laissez-vous porter par les petites routes de campagne. Les arganiers se tordent dans la lumière, les villages apparaissent au détour d'un virage, les enfants vous font signe depuis les seuils. Ce Maroc-là n'est dans aucun guide. Et c'est celui qui reste en mémoire.

#culture#nature#argan#artisanat

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